Andre-Aliker

Aliker

L’article d’aujourd’hui traite d’une figure emblématique du mouvement ouvrier martiniquaise: André Aliker. Bête noire du patronat et de la haute administration, ce militant syndicaliste et politique lutta contre l’un des plus gros scandales politico-financier de l’histoire martiniquaise et ceux au péril de sa vie.

Zoom sur ce personnage engagé et soif de justice !

Il est né le 10 février 1894 au Lamentin en Martinique. Il est issu d’une famille modeste d’ouvrier agricole et n’est autre que le grand frère du chirurgien et politicien Pierre Aliker.

Durant la Première Guerre Mondiale, il fut un combattant volontaire émérite. D’ailleurs, sa citation à l’ordre du 96ème régiment d’infanterie souligne :

«  un modèle parfait de dévouement et de courage. Toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses au cours desquelles il entraîne ses hommes par son allant, son mépris du danger ».

Après la guerre, il retourna en Martinique, il travailla en tant que commis dans une épicerie à Fort-de-France avant de s’installer à son compte pour faire du commerce de gros et semi-gros.

Militant politique, il s’inscrit au groupe communiste »Jean Jaurès » et il est syndicaliste des employés de commerce. Infatigable, il est aussi journaliste du journal du parti communiste martiniquais « Justice ». Passionné par l’enquête de terrain, il n’hésite pas à prendre le parti des exploités du système (coupeurs de cannes, dockers, marins pêcheurs, …). Provocateur, il signe ses billets via le pseudonyme « œil de Moscou ».

Suite à l’affaire Aubéry-Lareinty, le mardi 11 juillet 1933, André Aliker publie un billet relatant cette histoire avec pour titre « Alerte ! Le Panama de Lareinty. Les chéquards de la fraude fiscale. Magistrats pris la main dans le sac ». Il y met en cause les méthodes de l’administration coloniale et les fonds de corruption.

Suite à cette publication, Lavigne Sainte-Suzanne, gendre d’Aubéry, tente en vain de le corrompre. Quelques jours plus tard, Aliker rend publique cette tentative de corruption dans le journal. Dès lors les pressions pour le faire taire seront un échec grâce à sa ténacité mais aussi à l’aide de ses amis et de sa famille.

  • le 03 novembre 1933, lors d’un spectacle de cirque à Fort-de-France, il est agressé physiquement par des individus proche d’Aubéry
  • le 1er janvier 1934 au soir, Aliker est enlevé, ligoté et jeté à la mer. Excellent nageur, il s’en sort miraculeusement
  • le 6 janvier 1934 il écrit une lettre à son frère Pierre Aliker :

« Après l’attentat du Jour de l’An je suis convaincu qu’Aubéry a mis ma tête à prix ».

C’est le 12 janvier 1934, que le corps d’André Aliker est retrouvé inerte et ligoté sur une plage du Nord Caraïbe. Cet assassinat suscita une vive émotion dans toute la Martinique.

Le simulacre de procès aura lieu à Bordeaux. Le 22 janvier 1936, les assassins présumés furent tous acquittés. A ce jour les assassins furent impunis.

Marcel Aliker, le petit frère d’André, tenta de venger son frère en tentant d’abattre Eugène Aubéry mais l’arme s’enraya. Soutenu par l’opinion publique, Marcel Aliker fut acquitté.

Un film de Guy Deslauriers intitulé « Aliker » (2008) retrace la vie d’André Aliker.

 

 

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