Les Antilles – La coiffe traditionnelle

L’article du jour nous emmène aux Antilles où l’on parlera de “chapeau” et pas n’importe lequel “la coiffe traditionnelle antillaise” aussi appelée “tête” (tet’ en créole).

belle-antillaise

A l’époque, les antillaises étaient déjà connues pour leur coquetterie et leur désir de plaire : robes, madras, bijoux en or, coiffure impeccable et la coiffe. D’ailleurs cette dernière est un accessoire indispensable à la tenue traditionnelle antillaise.

L’origine de la coiffe

Son origine remonte au temps de l’esclavage aux Antilles où les lois interdisaient aux esclaves et aux affranchis le port du chapeau qui était réservé aux personnes de race blanches. C’est pourquoi les antillaises ont usé d’ingéniosité pour créer les coiffes que l’on connaît maintenant.

Le Madras

La coiffe est fait en majorité des cas avec du tissus madras à l’exception des coiffes pour les jeunes filles (qui portaient des foulards de soie aux coloris uniques) ou en période de deuil. Mais qu’est-ce que c’est le madras ?

madras

Le madras est un tissu fabriqué artisanalement à partir de fil de soie et de coton aux couleurs vives, ce qui les rend particulièrement résistants et sous différentes variétés (rayées ou à carreaux).

Il fut introduit au 17ème siècle par les indiens arrivés comme main-d’oeuvre dans les Caraïbes.  Pendant longtemps aux Antilles , la pièce de madras se vendait par “coujous”.

Un coujou est la distance entre les trous faits par les pointes qui tendant sur les bords du tissu sur le métier à tisser. De nos jours, les utilisations du madras se sont considérablement étendues : vêtement, serviette, accessoire, dessous de plat et même en décoration intérieure : rideaux, nappes, taies d’oreiller, …

La signification

A l’époque, la coiffe désignait le niveau de richesse et les circonstances de la vie de la personne qui la portait. Plus tard,, elle est devenu un moyen discret de faire savoir  aux hommes … leur statut sentimental. Et oui ! Selon la façon de la nouer et le nombre de nœuds, un homme pouvait déchiffrer le coeur d’une femme  :

  • coiffe à un bout : je suis célibataire, mon coeur est à prendre
  • coiffe à deux bout : mon coeur est pris, mais les plus audacieux peuvent tenter leur chance
  • coiffe à trois bouts : femme mariée, mon coeur est déjà pris circulez il n’y a rien à voir
  • coiffe à quatre bouts : coeur susceptible d’accueillir encore un amant

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Ses différentes déclinaisons

  • tête attachée : coiffe nouée à la tête

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  • tête serré : porté comme un chapeau à l’instar de la tête attachée il ne se défait pas. On le porte avec les cheveux tirés en arrière et roulé en tresses et la coiffe est maintenu avec une barrette en or

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  • tête de la Matadore: portée par la femme entretenue par leur homme et où elle arborait les bijoux offerts par celui-ci
    • Tête de la Matadore du Sud : tête serrée avec un éventail à l’avant et à l’arrière

matadore

  • tête chaudière : coiffe arrondi tout plissé à plat

tete-chaudiere

  • tête calendée : elle est confectionnée à partir d’un madras sur lequel les parties claires du tissu ont été peintes avec un jaune de chrome en poudre additionné de gomme arabique. Cette technique venue des Indiens, donnait de l’éclat au madras, elle se pratiquait autrefois non pas avec des pinceaux mais des plumes de poule. Les tenues traditionnelles sont portées avec une multitude de bijoux en or, les colliers se superposent et même les coiffes en sont parées.

calandéé

D’une île à une autre, la manière de nouer le tissu madras pour réaliser une coiffe est différente.

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