Les Antilles – Potomitan

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L’article du jour rend hommage à la femme et pas n’importe laquelle, la Femme avec un F majuscule qui se bat quotidiennement pour l’équilibre de son foyer avec force et détermination « fanm potomitan » «(ndlr femme potomitan).

Le terme  « potomitan » est couramment utilisé aux Antilles, associé en majorité à la mère de famille, il est souvent mis en avant par bons nombres d’artistes et d’écrivains martiniquais à travers des chansons, des poèmes ou même des ouvrages.

Origine du mot

Potomitan ou  encore Poteau –mitan est un mot d’origine haïtienne qui désigne le plateau central, sous forme de mât, placé au milieu du péristyle sacré du temple vaudou (appelé aussi oufo).

En effet, il est la place centrale du lieu de culte vaudou car c’est autour de celui-ci que les adeptes dansent et y déposent des offrandes afin que les esprits viennent prendre possession des fidèles pendant que les prêtres vaudous y dessinent des vévés (ndlr symboles) à même le sol.

Le Potomitan dans la religion vaudou symbolise la communication entre le monde des humains et celui des esprits.

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Le rôle de la femme dans la société antillaise

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Dans les Amériques noires et la Caraïbe, le modèle familiale dominant est historiquement matrifocal. En effet, ce système d’organisation familiale où la mère a une place centrale et même majeure dans le foyer noté par l’absence du père ou que ce dernier n’est pas une importance très relative dans la famille (éducation des enfants, finance du foyer, …).

Cela est paradoxal à la vision machiste que certains se font de la société où nous avons à l’esprit les clichés de la femme effacée et de  l’homme installé sur le canapé pendant que madame s’active, l’homme antillais coureur de jupon ou alors passant son temps à sortir pour faire la fête et boire de l’alcool à gogo.

L’origine du système matrifocal antillais

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Cela remonte à l’époque du système esclavagiste où la femme antillaise était dépositoire du pouvoir. Comme en attestait à l’époque l’article 12 du Code Noir où le statut de l’enfant dépendait de celui de la mère et non du père « les enfants qui naîtront de mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves, et non à ceux de leur mari, si le mari et la femme ont des maîtres différents”.

Pour éviter les causes d’insubordination ou de rébellion, les hommes et femmes étaient écartés en tant que couples. Ainsi la mère célibataire était devenue une normalité où les femmes se retrouvaient seules avec leur enfant et devaient gérer le travail pénible pour le maître, l’éducation de l’enfant et apporter l’argent au sein du foyer.

Pourquoi l’expression Potomitan ?

La femme antillaise est considérée comme le pilier central de la famille et même de la société antillaise au même titre que le pilier central du temple vaudou.

C’est à travers la mère que tout s’organise, s’appuie et c’est elle qui garantit l’équilibre familial. Sans oublier la grand-mère, nourricière et protectrice, qui viendra apporter son aide à la mère afin de prolonger la continuité familiale.

On « fanm doubout’ » (ndlr femme debout) c’est la femme indépendante, active et qui fait face avec courage et ténacité aux sacrifices et  aux difficultés de la vie quotidienne.

Ce lourd rôle où toutes les responsabilités du foyer reposent sur ses épaules, la rend admirable et respecté car il faut un moral d’acier pour ne pas céder.

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Et vous qui est votre « Potomitan » ?

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