BUMIDOM : l’avenir était-il mieux ailleurs ?

Dans l’article d’aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui fut pendant longtemps tabou au sein des familles antillaises : le BUMIDOM (BIMIDOM en créole).

Mais avant de vous en parler mettons-nous dans le contexte : nous sommes dans les années 50, les années d’après-guerre et du baby-boom en France.

Si la croissance est au beau fixe en France, les départements d’Outre-Mer souffrent d’une grave crise économique et sociale. La crise de l’industrie sucrière entraîne une forte hausse du chômage tandis que la démographie explose.

Cette situation particulièrement difficile soulève une vague de protestation qui ébranle les DOM où des revendications d’indépendance se font de plus en plus entendre.

Craignant des révoltes, Michel Debré, ministre de l’Intérieur de l’époque créa le BUMIDOM (Bureau des Migrations pour les Départements d’Outre-Mer). L’objectif selon le gouvernement français était double :

  • favoriser l’insertion professionnelle des personnes venant des DOM à travers des formations gratuites
  • assurer le regroupement familial avec la personne partie

Le billet aller était financé par le BUMIDOM.

Ainsi entre 1963-1981 c’est plus de 85 000 Domiens arrivèrent en France. La plupart des volontaires avaient entre 18 et 30 ans, ils étaient sans diplômes, et la France représentait pour eux un eldorado où on leur promettait une vie meilleure avec formation et emploi à la clé (infirmiers, instituteurs, …).

Mais la réalité était tout autre :

  • main d’oeuvre sous-payée pour des emplois en bas de l’échelle
  • l’isolement
  • et la discrimination

Face à cela,  cela s’ajoutaient les difficultés à se loger dans une France raciste, le coût exorbitant des billets d’avion, l’irritation de devoir prouver constamment leur nationalité française. L’humiliation et la désillusion ont souvent laissé chez ces Français des DOM des traces indélébiles d’ailleurs la plupart d’entre eux étaient si blessés qu’ils n’en parlèrent jamais à leurs enfants, et que cela devint un secret de famille.

Pour la petite histoire : le BUMIDOM, basé à Paris, avait établi des antennes à Nantes, au Havre et à Marseille, trois anciens ports esclavagistes.

Vous trouverez ci-dessous un documentaire ainsi que des témoignages des personnes qui ont vécu le BUMIDOM :

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Captcha *