Guinée-Bissau – Amilcar Cabral

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L’article du jour rend hommage à un héro africain qui mena une lutte contre les colonies portugaises pendant près de vingt ans et cela au péril de sa vie : Amilcar Cabral, martyr de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

Contexte coloniale en Guinée portugaise et au Cap-Vert

Les îles du Cap-Vert, inhabitées jusqu’à l’arrivée des colons européens, deviennent des colonies portugaises en 1462. Et la Guinée-Bissau (anciennement Guinée portugaise) fut sous la domination portugaise dès 1474.

Au 16ème siècle, le Portugal participe au commerce triangulaire et exporte de nombreux esclaves d’Afrique vers les Amériques en passant par le Cap-Vert qui sert de pont pour  la traite des esclaves. Tandis que la Guinée portugaise fut un fort militaire et un centre négrier.

Mais ces nombreuses années de traites négrières et de colonialisme laissent des traces … En effet, la population est contrainte à travailler dans la production d’une monoculture d’arachide sous les jougs du Portugal sans compter que les portugais investissent très peu dans les infrastructures où étaient implantées leurs colonies. Ces conséquences entraînent des famines répétés et une dégradation du niveau de vie de la population locale.

L’enfance d’Amilcar Cabral 

Amilcar Lopes Da Costa Cabral est né le 12 septembre 1924 à Bafata à l’est de la Guinée portugaise. Il vient d’une famille cap-verdienne qui émigra en Guinée-Bissau à la recherche d’une vie meilleure.

Mais en 1931, sa famille retourne vivre au Cap-Vert mais la situation économique et sociale des îles est très difficile et toujours sous la domination coloniale, le détournement de la production agricole traditionnelle par les colons et le manque d’eau lié au faible taux de pluviométrie qui entraîne de nombreuses famines.

Et c’est à cause de ces inégalités que le jeune Amilcar, élève brillant, souhaite travailler dans l’agronomie afin d’éradiquer les problèmes agricoles du pays. En 1945, âgé de 21 ans, il obtient une bourse pour étudier l’agronomie à Lisbonne, la capitale du Portugal. Et c’est à Lisbonne sous l’empire coloniale qu’il a l’occasion de côtoyer des camarades africains qui écriront l’histoire de l’indépendance de leurs pays respectifs (Agostinho Neto pour l’Angola ou Eduardo Mondlane pour le Mozambique par exemple).

Création du mouvement anti-colonialisme PAIGC

Il retourne en Guinée en 1952 en tant qu’ingénieur agronome avec deux objectifs : trouver des solutions sur le plan agricole pour améliorer les conditions de vie du peuple et mettre fin à la domination portugaise. De ce fait, il obtient un poste dans la fonction publique ce qui lui permet d’approfondir ses connaissances de la Guinée portugais, faire face aux réalités et aux besoins de la population paysanne et étendre son réseau de militants.

Surveillé par les autorités portugaises, Amilcar est contraint de s’exiler pendant un an en Angola. Avec des anciens camarades d’école, il participe à la création du parti politique MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola).

De retour en Guinée portugaise et fort de l’exemple du PMLA, Amilcar fonde avec 5 frères d’arme (dont son demi-frère Luis Cabral) une organisation militante clandestine le PAIGC en 1956 (anciennement PAI, parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert).

Le mouvement de lutte anti-coloniale débute concrètement avec la grève des dockers de Bissau pour des salaires plus élevés en 1959.

Puis en 1960, il parle ouvertement de cette organisation et dénonce le colonialisme portugais sur la scène internationale grâce à sa grande activité diplomatique pour faire connaître son mouvement et pour légitimer son action auprès de la communauté internationale.

Puis en 1963, Amilcar Cabral décide d’engager une lutte armée pour accéder à l’indépendance. Les troupes armées du PAIGC remportent plusieurs victoires face aux soldats de la métropole portugaise. Il parvient à contrôler 60% du territoire.

Dès lors, Amilcar Cabral fait alors preuve de toute son originalité. Il met en place dans les zones libérées des structures politico-administratives et un cadre économique qui préfigure le système qu’il compte développer ensuite.

L’assassinat du leader de la PAIC

Amilcar Cabral est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry (Guinée-Conakry) par des agents infiltrés de la PIDE (Policia Internationale de Defesa). Il avait 48 ans et laisse derrière lui sa femme Ana Maria et ses trois enfants.

Et il n’aura pas le temps de voir la reconnaissance de l’indépendance de la Guinée-Bissau le 24 septembre 1973 et celle du Cap-Vert le 05 juillet 1974.

Son demi-frère Luis Cabral fut le premier président de la Guinée-Bissau de 1973 à 1980.

Et le premier présient du Cap Vert fut un ancien membre du PAIGC, Aristides Pereira, ce qui concrétisa après une vingtaine d’années de lutte de l’un des leaders anti-colonialistes de l’histoire Amilcar Cabral.

Hommages

  • une compétition de football des pays d’Afrique de l’Ouest est appelé “Coue Amilcar Cabal”
  • l’aéroport international à Sal au Cap Vert porte son nom “Aéroport international Amilcar Cabral”
  • Plusieurs rues portent son nom (Fort-de-France en Martinique, Alger en Algérie, Kaoloack au Sénégal, Seint-Denis en France, …)

Citation 

« Personne ne peut douter, parmi notre peuple, comme chez tout autre peuple africain, que cette guerre de libération nationale dans laquelle nous sommes engagés n’appartienne à l’Afrique tout entière »

 

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