Le Gang des Antillais : un film à ne pas rater !

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Dans l’article d’aujourd’hui je vais vous parler de cinéma et plus précisément du film “Le Gang des Antillais”, réalisé par Jean-Claude Barny. Un film à voir et pourquoi pas à revoir !

Vous avez sûrement dû entendre parler de ce film car depuis quelques semaines une promo a été faite (notamment sur les réseaux sociaux) avant sa sortie en salle le 30 novembre 2016 en France.

L’histoire du gang des antillais

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Ce film est tiré du roman autobiographique Le Gang des Antillais de Loïc Léry.

Il raconte l’histoire de Jimmy Larivière issu de la génération BUMIDOM qui peine à trouver sa place dans la société française. Rêvant d’une vie meilleure, il fait la rencontre de trois jeunes antillais qui vont l’entraîner dans une série de braquage de postes jusqu’au jour où sa vie bascule après ce qui devait être le dernier braquage dans une banque.

Ce film nous plonge dans les années 70 où des antillais arrivés en France étaient confrontés au racisme, à l’injustice sociale et au problème identitaire. En colère contre le système, Jimmy et ses acolytes étaient décidés à s’en sortir et cela par tous les moyens.

A travers ce film, Jean-Claude Barny lève le voile sur une histoire oubliée qui a impacté la vie de plusieurs milliers d’antillais et de réunionnais : le BUMIDOM et ses désillusions.

Mais qu’est-ce que le BUMIDOM ?

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Le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer (ou Bimidom en créole) a été crée par le ministre Michel Debré en 1963.

Il est né suite à l’explosion démographique et au chômage massif dans les DOM (départements d’Outre-Mer).

Son but était d’accompagner l’émigration des centaines de milliers d’antillais et réunionnais en France tout en leur promettant un meilleur travail par le biais d’une formation gratuite.

Et bien que la plupart des antillais et réunionnais ne connaissaient pas la France, ils la considéraient comme un eldorado. Mais ce fut la grande désillusion sur place …

En effet, les antillais étaient embauchés pour des postes subalternes et sous payés, eux qui rêvaient d’être instituteurs, infirmiers, …. A cela s’ajoutaient les difficultés à se loger dans une France raciste, l’impossibilité de rentrer dans leur île d’origine en raison du coût exorbitant des billets d’avion, et la colère de devoir toujours prouver auprès des autres communautés qu’ils étaient français.

Selon le feu écrivain Aimé Césaire, le BUMIDOM fut apparenté à une déportation, les conditions d’accueil  n’étant pas celles qui leur avaient été présentées avant leur départ.

Laissés pour compte, les “bumidomiens” ont eu le sentiment d’avoir été mené en bateau, rare à l’heure d’aujourd’hui sont ceux qui témoigneront de ces souvenirs douloureux.

Pourquoi j’ai aimé ce film !

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J’ai eu l’occasion d’aller au cinéma avec ma sœur le 03 décembre pour voir ce film. Je vous avoue que les films français ne sont pas vraiment ceux que je m’empresse d’aller voir au cinéma.

Pourquoi avoir voulu regarder Le gang des Antillais ? Eh bien par curiosité (avec un brin de solidarité antillaise, il faut le dire!), un film basé sur l’histoire vraie d’un antillais et réalisé par Jean-Claude Barny, why not? D’autant plus qu’il a reçu de bonnes critiques donc je suis partie au cinéma plutôt confiante.

D’ailleurs, je n’ai pas du tout été déçue du film ! En plus, je trouve qu’il a d’ailleurs rien a envier à des films à plus gros budgets car le scénario est savamment dosé où l’on peut passer d’une émotion à une autre. Notamment avec la scène du parloir, qui fait d’abord rire avant d’être finalement touchante, si l’on comprendre bien les propos du personnage principal. Quand à la réalisation elle est top.

J’avais peur de voir un film bourré de caricatures et de mauvais stéréotypes… Loin de rentrer dans la case des clichés antillais tels le rhum, le zouk, les plages de sables blancs et cocotiers ce film délivre des messages forts.

D’ailleurs Le Gang des Antillais est intéressant car il raconte la France des années 70 marquée par le chômage, le racisme, le communautarisme et les injustices sociales ce qui fait cruellement écho à l’époque que l’on vit actuellement que ce soit en France, aux Etats-Unis ou ailleurs.

Ainsi, le réalisateur a su nous raconter l’histoire d’une ascension classique de la misère vers l’argent facile puis de la chute. Cependant, je regrette le fait qu’il n’y ai pas eu plus de scène de braquage notamment le dernier braquage qui va bouleverser la vie du personnage principal Jimmy.

Pourquoi il faut absolument le voir !

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A travers le récit autobiographique de Loïc Léry, le réalisateur a su mettre en lumière cette douloureuse histoire que fut le Bumidom sans tomber dans le film documentaire ou le communautaire. Sans oublier l’excellent casting du film : Mathieu Kassovitz, Romane Bohringer, Djedje Apali, Ériq Ebouaney, Adama Niane, Jocelyne Béroard… qui jouent leur rôle à la perfection !

D’ailleurs, Le gang des Antillais a fait un carton aux Antilles-Guyane, en Afrique du Sud et même aux Etats-Unis (le prix Hublot d’or de la meilleure adaptation littéraire). Le succès rencontré est une chance pour que les afro-caribéens (et les autres communautés) est enfin la place et la visibilité qu’ils méritent dans les arts audiovisuels français et même à l’international. Une initiative qu’il faut absolument soutenir surtout lorsqu’elle témoigne, comme ici, d’une histoire afro-caribéenne.

Et je rajouterai que ce film ouvre le dialogue à une génération “post-Bumidom”, n’ayant jamais vécu les évènements liés au Bumidom mais qui rencontrent aujourd’hui les mêmes difficultés d’insertion, de racisme dans la société actuelle.

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