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L’article du jour rend hommage à la chanteuse et comédienne martiniquaise Jenny Alpha. La doyenne de la comédie française montra à travers sa vie que la persévérance est la clé pour atteindre son rêve.

Zoom sur celle qui lutta pour la reconnaissance de la culture afro-caribéenne et des comédiens noirs dans le monde du spectacle.

Jenny Alpha est née le 11 février 1910 à Fort-de-France, Martinique. Elle grandit dans une famille mulâtre de la bourgeoisie foyalaise*. Durant son enfance, elle découvrit le théâtre grâce à son père. Dès lors, son rêve est de devenir une comédienne.

En 1929, elle poursuivit ses études à Paris afin de devenir Institutrice. Elle prépare une licence d’histoire et géographie mais elle abandonne  les études pour devenir en vain comédienne

Elle donna des cours au poète Robert Desnos ce qui lui permit de rencontrer et fréquenter des surréalistes et personnalités comme Dalí, Soutine, Picabia…

En 1945 après la Libération, elle et son mari le poète Noël-Henry Villard emménagent à Paris. Son mari l’encouragea à se lancer dans une carrière de comédienne.  Seulement « il n’y a pas de place pour les Noirs dans le répertoire classique ». Dès lors, elle se tourne vers le music-hall.

De 1945 à 1950, elle fut une vedette au célèbre cabaret antillais « La Canne à Sucre ». Elle crée l’orchestre jazz-créole « Les Pirates du Rythmes » qui font des tournées en France et dans toute l’Europe de 1950 jusqu’en 1966.

En 1947, elle est choisie comme effigie pour un timbre-poste de la Martinique.

En 1956, elle assiste au premier Congrès des écrivains noirs à Paris où elle y rencontre les grandes figures de la Négritude : Aimé Césaire, Léopold Senghor et Léon Damas. Cette rencontre fut une révélation sur son militantisme pour la reconnaissance de la culture créole.

C’est en 1958 à l’âge de 48 ans avec la pièce de théâtre « Les Nègres » de Jean Genêt (mise en scène par Roger Blin) que sa carrière de comédienne prend un tournant. En 1976 à l’âge de 66 ans, elle obtient le premier rôle dans la pièce Rodogune de Pierre Corneille. Et en 1986, elle obtient son premier rôle au cinéma dans le très beau film « La Vieille Quimboiseuse** et le Majordome » de Julius Amédé Laou. Jusqu’en 2006 (à l’âge de 96 ans) Jenny Alpha a été présente dans plus d’une centaine de pièces pour le théâtre, la télévision, la radio, et dans une multitude de films.

En 2008, elle sort son dernier album de biguine La sérénade du muguet. Cette même année, un documentaire lui est dédié « Un Siècle de Jenny » de Laurent Champonnois et Federico Nicotra

Dans les années 2000, elle reçut de nombreuses récompenses : Ordre du Mérite (2000), Officier de l’ordre des Arts et des Lettres (2005) et Chevalier de La Légion d’Honneur (2009).

Le 8 septembre 2010, elle meurt à l’âge de 100 ans à  son domicile parisien.

Une biographie intitulée Paris Créole Blues sortit en avril 2011.

En 2013, dans le 15ème arrondissement de Paris une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l’immeuble où elle résida pendant plus de 37 ans et une place est inaugurée à son nom.

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