Martinique – Scandale Aubéry

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L’article d’aujourd’hui nous emmène dans les années 30  pour l’un des plus gros scandales politico-financiers de l’histoire martiniquaise : l’affaire Aubéry-Lareinty.

Le protagoniste de cette affaire

Cette affaire met en cause Eugène Aubéry, un blanc, d’origine modeste qui a voyagé au Panama et à Cuba avant de poser ses valises en Martinique.  Il travailla en tant que contremaître à l’usine Lareinty. Mais son mariage avec Berthe Hayot (issue de l’une des plus riches familles Béké de l’île) le propulsera dans les hautes sphères politiques et économiques. Grâce à cette union, Eugène Aubéry devient administrateur de l’usine mais aussi président du Conseil général de la Martinique (1926-1934) puis président de l’assemblée locale du Lamentin (1934-1942).

La Fraude et le procès

A la liquidation de la société, son actif social est estimé à 7 500 000 francs, ce qui fut inférieur à la valeur réelle de l’entreprise. Cependant en 1926, l’administration de l’Enregistrement découvre la mascarade et réclame le réel montant dû à savoir 30 000 000 francs. Le 15 Octobre 1929, le Tribunal de Première Instance de Fort-de-France condamne Madame Aubéry à payer une somme de 6 282 719 francs auprès du Conseil Général.

Mais le 09 avril 1930 cette dernière fait appel et gagne le procès devant la Cour d’Appel de Fort-de-France : le premier jugement est annulé. Le pourvoi en cassation est demandé par le Conseil Général, en vain… La famille Aubéry a le bras long !

Révélation publique de l’affaire

C’est en juillet 1933, que le journaliste André Aliker publie un billet sur cette affaire dans le journal Justice avec pour titre «Alerte ! Le Panama de Lareinty. Les chéquards de la fraude fiscale. Magistrats pris la main dans le sac».

Toute une série de documents y sont fournis par Emmanuel de Lacoste (homme de confiance chargé des affaires d’Eugène Aubéry). Ce dernier, s’estimant lésé dans la répartition des bénéfices, remet des conclusions écrites et signées attestant de la fraude (pot de vin aux magistrats, manuscrit de l’expert comptable de l’usine, …). A partir de là, les gros titres vont se succéder et feront écho jusqu’en France faisant l’objet d’une bombe dans l’opinion publique.

Mort d’André Aliker

Les maintes pressions, pots de vin et agressions n’ont en rien freiné la ténacité du journaliste  à mener cette affaire au grand jour.

Cependant le 11 janvier 1934 André Aliker est retrouvé assassiné aux  bords de la mer à Case-Pilote, les pieds et mains liés sans que les assassins y soient inquiétés. Dès lors des protestations massives sans précédent ont lieu en France et à l’internationale.

A ce jour, les coupables de cet assassinat courent toujours.

 

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